23/03/2012

1978 - Extrait du journal du camp « Le Gras-Thon »

Evolène, le 16.08.1978

19h15 sauvetage spectaculaire de deux guides. L’un des guides s’explique sur ce qui fut, à l’avis de tous, y compris la population locale, de la faune étrangère et des habitants du Clos du Doubs, comme le sauvetage le plus rapide de la région.

Les deux guides, Antoine Fabre et Etienne Kummer, chevronnés des grandes plaines, partirent du chalet de la cordée, lieu de pèlerinage de grands noms de l’alpinisme et de quelques curés à la recherche d’un trône stable dans notre monde pourtant si bouleversé. Bref, leur traversée par la voie dite « du milieu du village » se passe sans encombre parmi les décombres.

Ce n’est qu’après s’être restauré au sympathique refuge « Le central » que tout se gâta. Autant du point de vue temps bien sûr qui s’avère trop orageux et qui passe de plus en plus vite. Nos deux guides au contact du blanc qui descend presque aussi rapidement que l’avalanche prirent peur. « si cela tombe à flot, nous aurons des difficultés avec toutes ces goulottes à descendre ».
La très charmante et toujours jeune gardienne, Raymonde pour les guides intimes ainsi que pour la population montagnarde anodine alerta les secours.

Il va sans dire que l’équipe des guides de remplacement mis au banc d’essai pour la circonstance, s’organise aussi vite qu’il faut pour l’écrire. Ils ne passèrent pas inaperçu entre monts et fumiers et c’est vers 19h38 qu’ils arrivèrent au refuge central encordés, casqués, verrouillés, un tout bizard pour le non-averti. La gardienne sert le lait chaud de la maison à nos sauveteurs, 1 litre de blanc frais de la vallée ce qui réjouit tout le monde, y compris le chef de la colonne de secours Jean-Paul Cattin et ses deux acolytes pas encore alcooliques, Jean-François Laincomplet et Claude Barman.

Dehors la tempête s’apaisa. L’hélicoptère  de la société Leyland, amarré comme un navire à de nombreux piolets qui ressemblaient plutôt  à une grille d’égout pu être remis en état de marche et non d’ébriété. Les deux guides chevronnés tiennent encore à remercier tout le monde pour la sympathie et télépathie temoignée lors de ce sauvetage. Les absents ont eu tort de ne pas participer comme toujours. Une histoire qui se termine bien…. salutations distinguées.         
Etienne K.
Antoine F.

16:57 Publié dans Récits d'Antan 70's | Commentaires (0) |  Imprimer | | | | |  Facebook

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