La Cordée a 60 ans - Page 7

  • 1953 - Course à Bertol - Tête Blanche

    Dans cette période post Patrouille des Glaciers où les noms de Bertol, Tête Blanche, Cervin, Dent d'Hérens et cabane Rossier sonnent encore dans nos oreilles, j'ai le plaisir de vous livrer le récit de la dernière course du camp de La Cordée de 1953.
    Nous sommes le 18 et 19 août 1953.

    Ci-dessous, la copie des quatre pages du journal de camp.
    Ecrit par l'abbé Charles Rossi.
    Bonne lecture.

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  • Comment vais-je me rendre à Evolène ?

    Dans un souci environnemental et de rationnalisation des transports, nous nous permettons la proposition suivante.
    Beaucoup de communes genevoises proposent des cartes journalières, au prix de 40 francs.
    Pourquoi ne pas venir à Evolène, en transports en commun, le 15 septembre ?

    Voici un exemple d'horaire, au départ de Genève, pour cette journée à Evolène :
    Aller :

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    Retour :
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    Préparez votre déplacement en regardant la page des horaires des CFF et réservez vos billets, sans tarder, au près de votre commune !

    Au plaisir de vous retrouver à La Cordée, pour fêter ce bel anniversaire !

    Pour le comité du 60ème : Luc Dubath - Luc Tissot - Samuel Gaud - Yves Brun

  • Récit de la dernière course de juillet 2011

    Ce vendredi matin, c’est une petite sardine qui s’était cachée dans notre dortoir qui m’a réveillée un peu avant 5h. Après le petit déjeuner rapide, nous sommes partis dans de la cabane d’Orny vers cinq heures de demie. La veille, il neigeait et le vent soufflait, mais à présent le calme règne et l’on peut voir du givre sur les cailloux. Aujourd’hui, c’est le dernier jour. C’est notre dernière course ensemble, La dernière course de la Cordée de juillet 2011.
    Profiter est le maître mot du jour. Déjà, on arrive sur le glacier ; les cordées sont faites et l’on marche d’un bon pas. Le froid à peu à peu engourdis mes sens, mais il les éveille aussi. Derrière nous le soleil se lève lentement ; il nappe inlassablement les roches devant nous d’une lumière orange qui réchauffe mon être. Seul le crissement de la neige sous mes pieds et mon souffle haletant perturbent le silence assourdissant de cette plaine glacée. Encordés, je tiens ta vie entre mes mains et toi la miennes. Cela fait trois semaines que nous marchons ensemble et même si demain cette cordée aura disparu, les liens qui nous unissent seront toujours là. Peu à peu, je vois mon ombre se dessiner devant moi ; on est arrivé dans les rayons de notre soleil tant souhaités. Les cristaux de neige scintillent par millier, ils s’étendent vers l’horizon, là où le firmament étends son dôme d’azur jusqu’à la terre. Cette nuit, la fée du glacier a fait marcher sa machine sous ; on traverse un désert de neige immaculé et infini. On est seuls, et si petits ! Pour la première fois, je marche la tête tournée vers le haut ; mes yeux virevoltent entre pierre et glace, mon coeur se délecte de tant de beautés. Hier, j’avais mal aux pieds, j’avais mal au dos. Aujourd’hui, je me sens légère, je marche béate devant cette montagne si contradictoire, accueillante et menaçante à la fois. Cet instant éphémère au milieu de cette grondeur éternelle. Ce froid grisant et cette chaleur qui frappe ma nuque. Endorphine, hormone du plaisir. Je la sens qui parcoure mes veines de la tête aux pieds, jusqu’au bout de mes doigts. Je me sens plus vivante que jamais. Je suis ici, maintenant, moi-même.
    Compagnons de cordée, j’ignore si vous avez ressenti autant et aussi fort que moi aujourd’hui mais laissez-moi vous dire que ce matin, je suis (re) tombée follement, ardemment, passionnément amoureuse de la montagne. Mes amis, cela, je le dois à vous, et je vous en suis éternellement reconnaissante. Souvenez-vous de cette blancheur quand vous verrez la souillure de notre monde. Souvenez-vous de tant de beauté.

    S’il vous plait, prenez soin de vous.
    Merci.

    Callisto  (une participante au camp de juillet 2011)

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  • Qu'est-ce que c'est "les camps de La Cordée"

    Eh oui, nos camps ont 60 ans et nous profitons de cette note pour faire un bref descriptif de ce qui s'y passe.

    Tout d'abord, nos trois camps sont ouverts aux adolescents, de  14 à 17 ans.

    En février, lors des vacances scolaires genevoises, un camp  d'une semaine est organisé pour pratiquer de la randonnée à ski ou en raquettes pour les surfeurs. Nous visitons les divers sommets du Val d'Hérens et d'ailleurs, selon les conditions nivologiques.

    Les deux camps d'été sont dédiés à l'alpinisme et à la grimpe.
    Ils se déroulent sur trois semaines et sont ouverts aux  débutants comme aux « habitués » de la montagne. En effet, en début de camp, nous prenons le temps d'initier les participants à l'escalade, à la marche sur glacier et au maniement du matériel technique. Les courses de haute montagne sont toujours choisies en fonction du niveau du groupe.

    Sur le site Internet de La Cordée , vous trouverez des  journaux des camps précédents ainsi que des photos et films afin de vous permettre d'avoir une meilleure idée de ce qui ce passe dans nos camps.

    Les inscriptions pour les camps de cet été sont en ligne sur la page des camps .
    Le formulaire d'inscription doit être imprimé et retourné, dûment complété et signé, à l'adresse mentionnée.

    Chaque année c'est 3 directeurs ou directrices de camps avec environ 25 moniteurs et monitrices ainsi que 6 guides qui perpetuent cette envie de faire découvrir la montagne aux jeunes de notre pays et d'ailleurs.

    Le Comité

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  • Une montagne que l'on aime, nous aussi !

    Je me permets de retransmettre plus loin ce lien d'une vidéo magnifique sur "l'effeuillage" d'une montagne !

    Merci à M. Didier Ulrich pour cette vidéo en accéléré sur cette majestueuse montagne qui domine le Val d'Hérens.
    Je vous recommande également ce blog, pour le regard attentif sur notre belle nature, que M. Ulrich nous transmet.

    C'est aussi cette belle montagne qui embellit notre affiche des camps.

  • 1952 - Naissance d'un camp de montagne

    Juillet 1952!
    Premiers pas d'un camp qui devient aujourd'hui sexagénaire, composé d'une ribambelle d'ados devenus largement grands-pères!
    Ils se reconnaîtront quand j'évoquerai Van-d'en-bas, les tentes rassemblées autour du chalet-resto, la première course "de montagne" au Luisin, la visite du barrage de Salenfe en construction, l'ascension mémorable pour ces jeunes citadins des Aiguilles du Tour avec nuitée à la cabane du Trient! C'était alors un événement: mettre les pieds sur un glacier, un vrai, qui montait alors jusqu'au pied de la cabane, éloigné aujourd'hui de plusieurs centaines de mètres!
    "La Cordée", ce fut son nom. 60 ans après, vivante et dynamique! Peut-être le premier camp d'adolescents de Genève en montagne, chaussés de manière rudimentaire, équipés de "culottes courtes" ou, pour les plus chanceux de "pantalons golfes", dernier cri de l'alpiniste; pour l'un ou l'autre d'un piolet au manche de bois, et, prêtées par l'armée,de grosses cordes de chanvre...
    Une aventure commençait et qui a continué ailleurs,qui à chaque retour d'été, permet à d'autres jeunes de découvrir les exigences et les joies de la grimpe et de la haute montagne.

    Etaient là: Jean Adde, Jean-Pierre Bosson, Claude Bossy, Yves Brun, Gilbert
    Châtelain+, Claude Desarzens, Henri-Paul Deshusses, Albert Dubosson, Michel
    Dunand, Gérard Emch, Michel Gendre+, Emile Giauque, Edmond Gillet, Fernand
    Grangier, Claude Joye+, Denis et Gérad Lévêque, Henri Maréchal, Pierre
    Margirier, Pierre Mermier, Pierre Polliand, Roger Rivollet, Jean
    Roch+, Jean-Do Rossi+, Michel Rupp, Paul Schaller, Claude Schalom +,
    Jean-Marie Tissot, Pierre Wider, abbés Charles Rossi+ et Etienne Brun.

    Yves Brun

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  • 1978 - Extrait du journal du camp « Le Gras-Thon » - 3

    Evolène, le 16.8.78

    La mascotte de Camembertol a franchi son record d’altitude.

    En effet, « Caramel » (le lapin en peluche d’âne claire) ; bien assis dans son cacolet, il à gravis le pigne d’Arolla. Au sommet (3796m),un américain lui à même fait fouler le sol.
    Il a donc inévitablement été enneigé et par conséquent enrhumé !

  • 1978 - Extrait du journal du camp « Le Gras-Thon » - 2

    Evolène, le 16.8.78

    Avis au Directeur

    En effet, la tradition de la Cordée est morte.
    Pas plus tard que ce matin, un jeune cordéen du nom de Jean-Paul Gachet étant arrivé en retard au repas matinal à refusé formellement devant toute la foule déjà à table de chanter une chanson. ( parmi cette foule, on pouvait remarquer monsieur le directeur, « l’homme au nez », ainsi que tout ses adjoints et collègues).
    Nous sommes dans une époque de relâche et de fatigue où le directeur laisse passer des choses inadmissible. Il serait bon pour tous qu’il se reprenne et qu’il fasse chanter l’homme en question vendredi soir devant la même foule qui était là pour l’écouter. Ainsi la tradition renaîtrait et on pourrait remarquer de jeunes idoles qui n’ont pas encore fait leur preuve.
    Le peuple en révolte

  • 1978 - Extrait du journal du camp « Le Gras-Thon »

    Evolène, le 16.08.1978

    19h15 sauvetage spectaculaire de deux guides. L’un des guides s’explique sur ce qui fut, à l’avis de tous, y compris la population locale, de la faune étrangère et des habitants du Clos du Doubs, comme le sauvetage le plus rapide de la région.

    Les deux guides, Antoine Fabre et Etienne Kummer, chevronnés des grandes plaines, partirent du chalet de la cordée, lieu de pèlerinage de grands noms de l’alpinisme et de quelques curés à la recherche d’un trône stable dans notre monde pourtant si bouleversé. Bref, leur traversée par la voie dite « du milieu du village » se passe sans encombre parmi les décombres.

    Ce n’est qu’après s’être restauré au sympathique refuge « Le central » que tout se gâta. Autant du point de vue temps bien sûr qui s’avère trop orageux et qui passe de plus en plus vite. Nos deux guides au contact du blanc qui descend presque aussi rapidement que l’avalanche prirent peur. « si cela tombe à flot, nous aurons des difficultés avec toutes ces goulottes à descendre ».
    La très charmante et toujours jeune gardienne, Raymonde pour les guides intimes ainsi que pour la population montagnarde anodine alerta les secours.

    Il va sans dire que l’équipe des guides de remplacement mis au banc d’essai pour la circonstance, s’organise aussi vite qu’il faut pour l’écrire. Ils ne passèrent pas inaperçu entre monts et fumiers et c’est vers 19h38 qu’ils arrivèrent au refuge central encordés, casqués, verrouillés, un tout bizard pour le non-averti. La gardienne sert le lait chaud de la maison à nos sauveteurs, 1 litre de blanc frais de la vallée ce qui réjouit tout le monde, y compris le chef de la colonne de secours Jean-Paul Cattin et ses deux acolytes pas encore alcooliques, Jean-François Laincomplet et Claude Barman.

    Dehors la tempête s’apaisa. L’hélicoptère  de la société Leyland, amarré comme un navire à de nombreux piolets qui ressemblaient plutôt  à une grille d’égout pu être remis en état de marche et non d’ébriété. Les deux guides chevronnés tiennent encore à remercier tout le monde pour la sympathie et télépathie temoignée lors de ce sauvetage. Les absents ont eu tort de ne pas participer comme toujours. Une histoire qui se termine bien…. salutations distinguées.         
    Etienne K.
    Antoine F.

  • Première course

    "J'veux pas avoir les pieds gelés comme Lambert, j'veux pas avoir les pieds gelés comme Lambert..."
    La litanie reprend inlassable, à peine interrompue de temps à autre par cette autre formule aimée : "Si tu tombes, tu te tues, si tu tombes, tu te tues..."

    Nous montons, non pas à l'Anapurna, non dans le froid et la neige, mais seulement au Luisin, sous un soleil de plomb qui brûle nos gosiers déjà secs, malgré la fontaine de La Creusaz qui est maintenant déjà loin derrière nous.

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